Ressac...
Ressac…
L’amer m’a balancé las !
Je me dérive en bulles d’écume de rage,
Sous les embruns qui me dévisagent, j’orage !
Les vagues à l’âme de fond s’étirent
Je perd la saison, la direction !
Le Nord en ligne de mire,
La grève me happe,
Et je bascule
Dans l’Ô !
Remous…
Je perds pieds de mes rimes !
Je rame à contre courant d’air marin,
Méduse et ange à la fois, c’est encore moi !
L’amarrer à mon radeau serait folie d’eau douce,
Qu’importe, si je m’exporte à l’envers,
Je hisse haut la voile, larguée !
Je vise le vent salé,
La galère !
Récif…
J’ai brisée ma coque de noix !
Le cœur s’étiole quand l’escampette,
S’enivre de lointain, d’il et de mer de corail !
Je vogue à flots, barrant mon corps d’étoile de mer,
Au diable vert, je noie mes désespoirs !
L’Atlantide, me submerge,
Je coule dans l’abysse !
Roulis…
Ma barre s’est barrée !
Bousculée au flot violent du mascaret,
J’atteins la côte en pleine face, sur les galets !
Soleil ! L’eau salée m’émerveille d’azur miroitant,
L’amer est vidé de tout son sang !
Nager et revivre encore,
Pour mille ans !
Valérie Pes
Rencontre avec Elle...
La Mort et le Fossoyeur - Carlos Schwabe => Ici
Rencontre avec Elle...
La voilà triste sombre et froide, dans son long manteau de brume noire, tout auréolée de vapeur spectrale impalpable. Elle s'avance, le dos courbé par le poids des millénaires qu'elle traîne depuis la nuit des temps. Son râle perpétuel annonce la fin de toute existence à quiconque l'entend, sans espoir de reddition, c'est elle qui gagne à tous les coups…..
Qui est-elle, cette ombre surgissant du néant, cette triste face aux yeux mornes et creux, cette entité qu'on ne croise qu'à l'instant de plonger dans les nimbes de l'oubli ? D'où vient-elle cette créature solitaire, qui apporte la crainte et la froidure à tous ceux qui la frôlent ne serait-ce qu'un instant ?….
La Mort est son nom… La Mort est sa raison, son état, sa perversion.
Elle promène sa solitude sur le monde, sans trêve, sans sommeil, imperturbable aux prières éplorées d'une mère qui voit partir son enfant, d'un père qui voit tomber son fils au combat, d'une épouse, d'un amant qui se trouvent incapable de retenir le souffle de l'être aimé. Elle n'a aucun sentiment, aucune compassion et n'en demande pas. Elle se contente d'avancer dans sa sape quotidienne, inflexible, elle existe pour elle-même.
Sous sa toge noire, flottant en lambeaux, son corps n'est qu'une esquisse humaine, d'os blanchis qui transparaissent sous la chair diaphane, veinée de zébrures violacées. Son visage, aux orbites profondes où se perdent les regards de ceux qui osent la défier, n'exprime que la volonté du mot « Fin »…. Petites fentes vipérines que nul parfum n'a jamais su charmer, le nez tronqué laisse échapper le souffle nauséabond qui émane de son esprit torturé…. Sa bouche grimaçante sur ses deux rangées de petites dents carnassières, n'ébauche jamais l'ombre d'un sourire…
Glaçante, effrayante, mystérieuse c'est elle la Faucheuse….
Mais la mort est chagrine ce matin, des pensées lumineuses sont venues éclairer sa conscience. Elle a comme un goût de miel qui s'est insinué au travers de sa gorge. Des frissons émoustillent la blancheur létale de sa peau. La mort sent quelque chose qui cogne au creux de son thorax, là sous ses côtes il y a quelque chose qui martèle un rythme qu'elle ne connaît pas, qu'elle ne connaît plus. Cela lui coupe le souffle, cela la rend patraque, la Mort se détraque, elle angoisse, elle se demande ce qui se passe….
Amoureuse la Faucheuse ?…. Quelle idée fâcheuse !….
Tout a commencé au terme d'une nuit noire, une belle nuit de désespoir, comme elle aimait à « vivre ». Quand l'aube pointa le bout de son nez, elle était là, à aspirer le dernier souffle d'un trépassé, se délectant de la tiédeur de sa dernière heure, dernière seconde, lorsqu'elle sentit s'approcher l'Onde. Ce fut une approche sournoise, qu'elle ressentit derrière la voûte de son dos. Tournant sa face immonde, elle scruta les profondeurs de l'ombre. La première lueur du jour vint alors se nicher au creux de ses orbites évidées. Ce fut un flash éblouissant pour cette chimère que nulle clarté jamais ne toucha.
Elle se sentit chavirer, comme si quelques grâces irrecevables venaient de lui être accordées. Indignée que ses sentiments osent la défier, elle râla toute sa haine, en un cri maléfique qui déchira le jour naissant, en répercutant son écho jusqu'au ciel. C'est alors qu'un orage phénoménal s'abattit en trombe sur la terre, délavant les cieux, balayant les reliefs, jusqu'à gonfler l'océan tout entier.
La Mort, rejetant son manteau de peine, s'enfuit se cacher dans son repaire de brume…..
Elle avait un cœur, elle ne le savait pas. Il avait commencé à cogner et elle ne savait pas comment faire pour que cela cesse. Elle se terra 6 jours durant, oubliant d'arpenter la terre afin d'accomplir son destin. La Mort émotive, cela n'avait aucun sens, elle s'acharna donc à refouler tout ce qui la troublait. Au matin du 7ème jour, elle cru enfin avoir gagné et se drapant dans son linceul couleur de nuit, s'aventura au Royaume des vivants….
La Mort avait faim, mais la fin l'attendait…..
Lorsqu'elle s'approcha de sa proie, l'homme la regarda en souriant. De la vie, il n'attendait plus rien, d'Elle il espérait tout. C'est les bras en croix et le cœur grand ouvert qu'il lui dit « Viens, je t'attendais, je t'espérais, délivre-moi de cette vie qui ne vaut plus rien pour moi ».
La Mort, à ces mots s'en trouva troublée, nul avant lui, n'avait osé l'accueillir ainsi. Elle se mit à rire, grimaçante et hurlante, dans l'espoir qu'il fléchisse enfin, et lui accorde ce petit supplément de crainte et d'angoisse, dont elle aimait tant le goût, lorsqu'il lui glissait au fond de la gorge.
Mais l'homme, lui refusa cette gourmandise, le sourire confiant toujours accroché à ses lèvres. D'une main il effleura le visage de la Mort en lui murmurant des mots doux. Plongeant ses yeux dans les orbites sombres, il y chercha un reste d'humanité, et y trouva une petite étoile de lumière étincelante aussi petite qu'un grain de sel, mais bien présente. La Mort déconcertée par l'audace incongrue, se raidit, mais fut incapable de bouger. Elle s'était prise à aimer ce contact tiède sur les angles de sa joue, quelque chose en elle s'ouvrait vers des chemins inconnus.
La Mort est curieuse, c'est ce qui la perdra….
L'homme espérait la Mort et la Mort s'en trouva confuse. Elle se voulait implacable et se trouva fléchir, lorsqu'une ébauche de sourire se dessina sur les contours de sa bouche. Elle regarda l'homme, que le revers de son manteau frôlait à ses pieds, et soudain, comme passait un souffle de vent, elle sentit sa force meurtrière s'enfuir au loin. Serait-il possible que la Mort puisse Aimer ? La petite étoile, pas plus grosse qu'un grain de sel, devint de plus en plus brillante, de plus en plus grande, jusqu'à illuminer son regard tout entier. Elle essaya un râle, mais se mit à gémir. L'homme attendait qu'elle lui ôte enfin ce qui le retenait à la vie, mais la Mort, tout à son étonnement n'en fit rien.
Premier amour à Mort…. La Mort est troublée…..
« Vas-tu me prendre enfin sous ton manteau de brume ? » lui dit-il en l'implorant. Mais la Mort était devenue sourde, ses envies étaient ailleurs, elle s'approcha doucement de l'homme et sur ses lèvres vint déposer un baiser. L'homme lui raconta alors son histoire :
« Te souviens-tu de ce qui fut, avant que le Monde ne devienne ce qu'il est aujourd'hui ? Rappelle-toi les Âmes qui flottaient enlacées deux par deux. Nous étions de celles-ci, Toi et Moi, inséparables et pourtant, ce qui n'aurait jamais du arriver est venu… Les Hommes ont appelé ceci le Big-Bang, pour nous ce fut la fin de notre ère. Tu me fus arrachée, et depuis ce temps je te cherche. Qu'es-tu donc devenue, Toi si douce naguère ? Dans ta misère tu as porté la Fin à l'humanité toute entière. Inlassablement, je t'ai suivi sans jamais pouvoir t'atteindre, mais un jour j'ai compris que seul mon sacrifice serait à même de te retrouver telle que tu étais avant la Genèse du Monde des Hommes…. Alors, à présent, accomplit ton destin et, comme tu l'as fait pour tant d'autres, puise en moi le souffle essentiel qui te manque… »
Ce qui se passa, à cet instant, transforma à jamais l'histoire du monde. L'homme se donna en cadeau, et la Mort le reçut les larmes aux yeux. Larmes de cristal, larmes de sel, la mort dans un éclair de lumière reçut une Âme en plein cœur. Troublée la troublante, la Mort se mit à trembler, le cœur à l'envers, le goût du sel parfumant sa bouche obscure. Lorsqu'elle eut absorbé toute l'essence vitale de l'Homme, elle sentit que quelque chose changeait en elle. Rejetant son manteau de brume, c'est à la lumière qu'elle exposa son corps transcendé. Comme si tous ces millénaires n'avaient été qu'un rêve, elle retrouva sa chair et l'éclat d'un sourire vint illuminer son visage.
L'Homme, dans son dernier soupir, lui avait fait cadeau d'une humanité, en lui donnant cette Âme, qu'elle avait perdue. Depuis ce jour, c'est en elle qu'il vit, en elle que son cœur bat. De son sacrifice est née la Fusion, La Mort ayant récupéré l'Autre qui lui manquait.
Désormais, elle n'arpente plus le Monde des Hommes… La Mort est morte à jamais…
…………………………..…… Le mot « FIN » est incongru………………………….
A méditer :
On peut décréter et ressentir sa mort, sans attenter à sa vie. La mort est un état d'Âme [ Marcel Jouhandeau]
Oh ! Petits détails amers dont dépend le destin d'une âme, ainsi que tout l'univers connu de cette âme.
[ Anne Rice]
"N'est pas mort ce qui à jamais dort, mais au fil du temps peut mourir même la mort" [ H.P.Lovecraft ]
La jeune fille et la Mort - Renan Pollès - => Ici
@ Valérie Pes aux éditions Le Manuscrit
Avertissement : ce texte, faisant parti d'un recueil ( Histoires au Coin du Feu - D'Ombre & de Lumière ) édité aux "Éditions Le Manuscrit", est sous couvert d'une licence. Toute reproduction totale ou partielle, est susceptible de poursuites judiciaires.
Tu n'es plus là...
Et reviennent en moi
Les caresses et l’émoi
Pareils aux doux refrains
Lorsque je tenais ta main.
Je revois ton visage
Et ce vide m’enrage.
Mes nuits m’emprisonnent
Quand l’écho de nous résonne !
Tu n’es plus là,
Et moi,
Je crève sans toi !
Je ne suis plus là,
Et toi,
Tu rêves sans moi !
La mémoire est fardeau
Quand j’aspire à ta peau !
Je n’oublierai jamais
Ce qui fut notre « Aimer »
Les regrets n’ont pas de place
En mon cœur qui garde trace
De tes lèvres, de tes mains,
Dans mon corps devenu écrin.
Tu n’es plus là,
Et moi,
Je crève sans toi !
Je ne suis plus là,
Et toi,
Tu rêves sans moi !
Aurais-je du te dire, « je t’attendrai »
Toi qui au loin, voulais m’oublier ?
J’aurais tant voulu que ton cœur
Trouve en moi cette rose fleur,
Qui d’amour infini, se consumait
Loin de ton regard qui se voilait !
Est-il trop tard, pour faire revivre
Notre belle histoire à la dérive ?
Tu n’es plus là,
Et moi,
Je crève sans toi !
Je ne suis plus là,
Et toi,
Tu rêves sans moi !
Valérie Pes
Une Poésie Cadeau pour une Amie Artiste que j'aime beaucoup. Une belle personne avec un cœur en or et une voix dont certains se souviendront, puisqu'elle a participé à l'émission x-factor de 2009, dont elle est l'une des finalistes :
J'en profite pour vous inviter à visiter son site
Où que j'aille
Cela ressemblait au printemps
Dans l’explosion des couleurs
D’un automne où tout arriva.
Sous l’or et le feu de ses doigts
Je lui offrit le plus doux de moi.
Son regard disait qu’il m’aimait
Et au fond de moi, j’y croyais.
Il avait ce petit sourire si tendre,
Cette façon de me surprendre
Qui est resté gravé en mon cœur,
Comme la plus câline des douceurs.
Un seul petit « oui » me donna des ailes
Et j’ai volé tellement haut jusqu’au ciel,
Que dans son sillage tout était possible,
Et par son regard tout était accessible.
Contre sa peau je ne craignais rien
Dans son cœur j’y posais le mien.
Et puis un jour, j’ai perdu mon âme
Un jour, je ne fus plus que larmes.
Il choisit de m’arracher de son cœur
Comme l’épine sur la rose en fleur.
C’était un drame, un déchirement
Mais de vivre, je lui en fis serment.
J’ai cherché sa main dans mes rêves
J’ai parcouru le souvenir de ses lèvres,
Je n’ai jamais oublié ses instants
Où nous étions seuls hors du temps.
Des soleils sans l’ombre du bonheur
Des hivers sans la chaleur de son cœur
Ainsi j’erre, suivant le fantôme de nous
Comme la passante d’un chapelier fou.
Me cherche t-il dans ses souvenirs ?
Faut-il croire à nouveau en l’avenir ?
Tant de questions sans réponses !
Tant d’illusions qui m’enfoncent !
Valérie Pes
L’ironie du sort : ou les tribulations d’une mandataire en fin de contrat !

Dix années de bons et loyaux services à être aux petits soins d’une mamie qui plongeait irrémédiablement dans la sénilité….
Pas de rancœur, loin de là, car c’est avec le cœur et sans penser au sacrifice que j’ai donné de mon temps… Le temps, parfois ne se compte pas en temps, mais en actes gratuits. On ne compte pas l’amour que l’on donne. On donne, c’est tout ! Et même si j’étais en partie « l’employée » de mamie, cela ne représentait qu’un petit tiers du temps passé auprès d’elle. Le reste du temps, les deux tiers restants, c’était du temps-cadeau… Du temps-câlin aussi, du temps dé-compté.
Pour elle, s’était le confort nec plus ultra de la fin de vie : finir ses jours à domicile, entourée de ses proches. Pour moi, l’opportunité de pouvoir travailler quasiment sans bouger de chez moi. Bien évidemment, cet idéal n’était pas pour autant idyllique. Comment rester insensible face aux dégâts irréversibles de la maladie ? Alzheimer ! Bon sang quel nom ! Outre le fait d’en apprendre l’orthographe, il me fallut apprendre, sur le tas, toutes les subtilités de l’insidieuse ! L’école de la vie dans toute sa splendeur macabre ! Mais quand on a du courage et le cœur à l’ouvrage, on apprend vite, surtout quand on n’a pas le choix, sinon c’est « morne plaine » dans sa façon d’appréhender le « travail ». Oui, on parle ici de « travail » bien que ce mot me donne parfois des frissons. Comment nommer autrement l’intervention que l’on a auprès d’une personne dépendante, à qui on se substitut bien souvent, afin d’accomplir les actions du quotidien qu’elle ne peut plus assumer elle-même?
Ça, c’est pour le côté purement matériel, le technique, le b.a –ba de l’aide à domicile : La propreté de l’environnement favorise le confort et la sérénité de la personne « aidée » ( c’est valable pour tout le monde, je vous l’accorde ) Normalement, il n’y a pas besoin d’avoir fait de hautes études pour arriver à s’en sortir (un bac à eau fera l’affaire !) , C’est une question d’organisation et d’habitude : je suis la fée du logis et pour moi, c’est juste un tour de passe-passe => Bazar-Salissures * gigote du nez * et hop le tour est joué !!
Là où cela se gâte, c’est pour le côté « humain » du travail ( 90% du temps travaillé en ce qui me concerne) … Il faut avoir les nerfs solides pour encaisser le fait que mamie t’a déjà oubliée depuis le deuxième round, et que même si tu refais connaissance 10 fois par jour ça ne va pas aller en s’améliorant ! De « petite fille » tu passes d’un coup au statut de « madame » voir « monsieur » de temps en temps (pourquoi pas ?). Ça prête à sourire et je confirme, il vaut mieux en rire ! J’ai passé les dernières années auprès d’elle à faire semblant, à mentir pour rire, à jouer avec son temps et je n’avais, pour autant, pas l’impression de perdre le mien !
Comme dans la chanson de Brel, mamie est passée du lit au fauteuil puis du lit au lit !
Après avoir effacé à rebours tous ses souvenirs, après avoir atteint un âge que ses vingt ans lui semblaient être son présent, la voilà qui plongea corps et esprit au tout début de son humanité ! A 4 ans tout au plus on a besoin de sa maman et c’est ce que je fus durant les quelques mois de sa chute finale !!
Il a fallut ressortir les biberons, pour les couches c’était déjà fait depuis quelques années (de jour puis de nuit ). De « l’écrasé à la fourchette », nous sommes passé, presque sans nous en rendre compte, au « mouliné ». L’appétit vient en mangeant, mais je vous assure qu’il repart aussi en mangeant de moins en moins !! Au final, mamie ne savait plus comment faire pour déglutir, même le biberon de « compléments alimentaires » n’arrivait plus à la nourrir suffisamment…
Elle n’était pas « cardiaque », pas non plus « diabétique », ni « hypertendue ». Elle n’avait pas de « cancer », encore moins le « H.I.V »… Elle avait juste TOUT oublié…..
Ce matin là, elle dormait au creux de son lit, bien calée au milieu de ses oreillers. Son visage était reposé, ses paupières doucement fermés… Elle dormait et dort encore. Elle dort, quelque part entre le ciel et mon cœur. Pour elle, je n’ai pas de regrets, elle s’en est allée comme on naît ! Tout était calme….. Puis !
Branle bas de combat, on remet ça ! Après le décès de ma mère ( sa fille ) un mois et demi plus tôt me revoilà dans mes petits papiers ! Déclarations, courriers, rendez-vous, le notaire, les banques tout est histoire de sous ! Dessous ? Oui, je suis en dessous, en dessous de tout soupçon de m’imaginer que l’ironie du sort allait m’amener à devoir vivre une situation des plus cocasses !!
Lorsque je travaillais pour mamie, j’étais mandataire en contrat CDI ( le sus-cité contrat prenant fin au décès de mon employeur). Je n’étais salariée d’aucune association d’aide à la personne. Si le confort de mes horaires complètement adaptables à mon rythme et aux besoins de mamie était non négligeable, je suis quand même passé à côté de certains avantages : exit les « congés payés » ( payés chaque mois, mais jamais pris faute de temps !), tintin pour la mutuelle, le CE et autre cerise sur le gâteau. Je ne m’en suis jamais plaint, je me suis accoutumée ! Mon salaire était versé directement par le Conseil Général ( ma grand-mère étant bénéficiaire de l’APA) via une fiche de paye établie par une association dont je ne faisais pas partie.
Le décès de mamie a entraîné fatalement une rupture de « contrat »… Normal !
Je pensais que tout aurait été d’une simplicité enfantine, mais je me trompais !!
Débordée dans la paperasserie ( succession de maman, succession de mamie ) l’ironie du sort fait qu’en plus, je fus contrainte de faire une démarche pour la moins étonnante !!
Contactée par le Conseil Régional, en tant qu’héritière directe de ma grand-mère (ma mère étant décédée quelques semaines auparavant), j’étais dans l’obligation d’effectuer la procédure de licenciement de l’employée de mamie, c’est à dire moi-même!!!
Je vous prie de croire que cela fait plutôt bizarre de s’écrire un courrier, sommes toutes officiel et obligatoire, afin de se signaler le décès de sa propre grand-mère et de se dire, que de ce fait le contrat de travail arrive à terme !
Une fois mise au courant du décès ( je n’allais tout de même pas me laisser dans l’ignorance !) et par là même de la fin de mon contrat, je pensais que tout serait rapidement réglé ( j’ai quand même besoin de mon solde de tout compte pour l’inscription au pôle emploi !) que nenni, l’ironie du sort est retord !!
Comme dans tout contrat CDI, il existe des modalités de licenciement et des droits de l’employé ( et c’est tant mieux !) qu’il faut respecter lorsque l’on est employeur : préavis, prime compensatrice de perte d’emploi. Durant un entretient avec une charmante secrétaire du Conseil Général, j’ai été soulagée d’apprendre que le dernier mois travaillé serait effectivement payé, selon la procédure habituelle : ouf !! ça, au moins ce n’est pas perdu !!
Sauf que… En ce qui concerne toutes les indemnités de licenciement, elles sont à la charge exclusive des héritiers, lorsque l’employeur est dans l’impossibilité morbide d’assumer ses charges. Par conséquent, en tant qu’employeur en droite lignée, je me suis redevable d’une sacrée somme d’argent que mon compte en banque sera énormément peiné de voir filer, mais tout autant soulagé de voir revenir!! Le Conseil Général suspend l’APA pile poil le jour du décès et n’assume pas, tout ce qui est relatif à la rupture de contrat ! C’est quand même bon de le savoir, mais il pourrait au moins avertir les familles qui embauchent des mandataires, non ??
Résultat des courses, je suis dans l’obligation formelle de me verser des indemnités, faute de quoi je risque fort d’être contrainte de me poursuivre devant le Conseil des Prud’hommes !!
Je suis un peu désorientée ! J’ai parfois l’impression de vivre un dédoublement forcé de la personnalité et en même temps, je suis consciente d’avoir la tête bien campée sur les épaules ! Est-ce là, la folie ? Qui suis-je au fait ? Moi-même ou l’autre là, cette employée qui ne revendique que son dû ? Je ne vais quand même pas être mauvaise patronne envers moi-même !! Allez, je suis tellement gentille avec moi que je vais m’accorder les congés payés que je n’ai jamais pu prendre, à ce titre, en 10 ans de bons et loyaux services !!
Mieux vaut rire de tout ça… ;o)
Valérie Pes
Ad Vitam....

Du temps d’hier surgissent les mots
Grondants comme torrents, à flots.
L’oubli ne trouve jamais place
En mon cœur qui craint la glace.
Oublierai-je seulement un jour,
Ce qui fut l’essence même d’amour ?
En mon âme fragile je ne peux
Démentir l’instant langoureux.
Quand nos cœurs battaient ensembles,
Nous nous aimions, il me semble ?
Saches que rien ne change jamais
Ni le temps ni la vie, à qui sait aimer !
Si demain, par manque d’amour je meurs
Dans tes yeux je ne veux point de pleurs.
Tes larmes cristal, j’en garde souvenir
Car en ce temps elles étaient soupirs.
Sur ma bouche, juste un baiser salé
Pour clore notre serment à tout jamais.
De l’autre côté du miroir, telle l’Alice
Je rêve encore du Graal de ton calice.
A la source câline, je m’abreuve encore
Pour y puiser le souvenir de nos corps.
Et le temps s’écoule, entre mes regrets
Dieu, savais-tu combien je t’aimais !
Je songe en des demains d’espérance
Pour rompre le vide de ton absence.
J’attendrai, posée sur le fil du temps
L’aurore d’un nouveau printemps,
Et au creux de tes mains j’y déposerai
Toute mon âme sœur à tout jamais.
Valérie Pes
Sur son lit couchée..
Petite pomme fripée
Sur son lit couchée
Mamie s’est endormie.
Quatre vingt dix printemps
A égrainer le temps,
Et revivre ses vingt ans.
Oubliées les années
Sa robe de mariée !
Balayés les souvenirs
Les visages et l’avenir !
Comptés à reculons
Les instants, surtout les bons !
Elle avait le regard d’azur
Les gestes qui rassurent,
Elle aimait l’accordéon
Le bal et ses flonflons.
Dans sa vie sans trêves
Elle vivait ses rêves.
Décompte à rebours
Jusqu’à oublier l’amour !
Effacée, sa descendance
Elle retourne en enfance !
Adieu les jolies ballades
C’est en rêve qu’elle s’évade !
Petite pomme fripée
Sur son lit couchée,
Mamie s’est endormie.
Quatre vingt dix printemps
A égrainer le temps,
Et revivre ses vingt ans.
Valérie PES
Texte sous copyright ![]()
Petit poème en mémoire de ma grand-mère, qui nous a quittés le 22 mars 2012 ( soit 50 jours après ma mère…)
Elle était atteinte de la maladie d’Alzheimer ( en 2005, 26 millions de personnes touchées à travers le monde ) Cette maladie est incurable et irréversible.
J’ai vu ma grand-mère, reculer de plus en plus loin dans sa mémoire. Plus elle prenait de l’âge, plus elle vivait dans une période reculée de sa mémoire. Au début, la maladie est insidieuse, elle se cache sous des « pertes de mémoires » assez banales…
Mamie, a commencé par oublier les jours de la semaine, les saisons, puis a effacé l’existence de ses arrières petits enfants… Ensuite, mon frère a cessé d’exister pour elle. Pour moi, ce fut un peu plus tard, car j’étais à ces côtés quotidiennement.
Longtemps, elle parlait de son mari, ensuite même si elle disait encore son nom, elle ne le reconnaissait plus sur les photos. Plus tard encore, ce fut au tour de ma mère, sa fille unique, qu’elle appelait par son prénom sans savoir que c’était cette dame de plus de 60 ans qui était à ses côtés ( ce ne pouvait pas être elle, puisque sa fille n’avait que 5 ans !)
A cette époque, elle m’appelait « madame » ou parfois « monsieur », nous faisions connaissance plusieurs fois par jour, puis chaque fois que je rentrais dans la même pièce qu’elle…
Il fut un temps, où elle fut bien plus jeune que moi. Du haut de ses vingt ans, elle allait au bal.. Et moi, je lui souriais en la rassurant.. Elle ne marchait déjà plus depuis longtemps, et couchée dans son fauteuil coque, je l’emmenais dans ses souvenirs que j’avais la chance de connaître un peu ( c’est bien, quand une personne de la famille peut être aux côtés d’une personne atteinte d’Alzheimer )
A la fin, elle ne savait plus ni manger ni parler… Mais, même dans ses moments là, lorsque j’essayais de la nourrir ( au biberon ) je croisais son regard et je savais qu’elle était bien.
Le cristal de ses yeux s’est éteint dans son sommeil. Elle a rejoint son mari et sa fille. La maison est vide…. Aujourd’hui, je me sens tellement fatiguée, je suis écrasée par toute la paperasserie et les charges qui m’incombent. Mon corps me fait souffrir, mais je sais que demain je pourrais retrouver un moment pour prendre soin de moi, parce que mon âme est en paix et que je ne regrette pas d’avoir tant donné…











