Rivendell

samedi 28 janvier 2012

Songe d'une nuit brisée

 

Eugene-Cyrille-Brunet-Messaline

Illustration : Détail d'une sculpture signée Eugène Cyrille Brunet : Messaline

Pour en savoir en peu plus à propos de cette oeuvre, c'est => par ici

 

Sur le déhanché de nos nuits blanches, je grave nos parcours de velours dans les vagues satinées de mes draps. Et comme l’océan, qui dans un ressac s’enlumine d’écume, ton corps s’évapore aux lueurs de l’aurore.. Je voudrais retenir la nuit qui s’enfuit, garder le rêve au creux de mes reins, le réchauffer jusqu’à lui rendre les couleurs de l’envie. Ne pas ouvrir les yeux sur le jour nouveau qui se lève, rester dans l’apesanteur d’un souvenir qui résiste en filigrane posé sur mon cœur.
Je ferme les paupières sur ton visage et m’abreuve mille fois à ton sourire, aux perles de tes cils, au sel de nos désirs. Retarder la clepsydre du temps, abolir la course des ans, vitrifier le sable de ces instants si fragiles et qui pourtant résistent au vent. Que ne donnerais-je pour avoir le pouvoir d’éveiller ses souvenirs d’ailleurs ?
Les saisons d’égrainent sans fin, les soleils après les pluies, les orages bleu-gris, les bises qui glacent le sang de mes veines en me faisant croire que l’oubli existe quelque part ! Ne sait-il pas, le temps, que j’ai l’éternité devant moi pour te vivre à l’infini ? Tu es mon néant, mon corps céleste, mon souffle originel, celui qui d’un seul soupir éveilla l’ultime petite flamme qui me retenait à la vie. Comment pourrais-je  me rendre sourde, lorsque le tam-tam résonne au creux de moi ?
Je prie pour que mes nuits soient longues, pour qu’enfin tu viennes te reposer sur l’or de ma peau sucrée, pour qu’à nouveau nos doigts se nouent sur nos accords langoureux. Et le rêve s’estompe à m’en couper le souffle, je m’asphyxie au manque de toi à en perdre l’illusion. Et je crie, comme une louve à la lune pour qu’elle retienne le songe qui s’évanoui, inexorablement cruel, l’ultime appel d’un amour qui persiste à croire aux « toujours » !
Le jour se lève et j’en crève encore d’infortune. Que la nuit revienne et me ramène vers toi ! Que l’espace d’un songe, les limbes nous réunissent dans ce qu’il y a de plus doux au monde...

 

V.P.

Texte sous Copyrigth 68768005_p

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lundi 26 décembre 2011

Les Flocons

Snow falling cute angel with umbrella rare wallpapers

 

Ils tombent, légers et doux,
Comme des baisers mouillés venus du ciel,
Les flocons !
Scintillants petits cristaux,
Qui à peine posés se fondent au paysage enneigé.
Millier d’étoiles éphémères,
Qui dans un rayon de soleil d’hiver
Se changent en étoiles de cristal
Et me rendent le cœur en enfance.
Que de souvenirs, viennent alors éclorent sur le voile de ma mémoire !
 Jamais je n’oublierai la magie des ciels de Noël,
Quand la ville s’étincelait  de feu et d’or
Dans l’odeur des marrons grillés
Qui réchauffaient nos mains engourdies
Et nous donnait, l’espace d’un instant
 L’illusion d’être en Paradis.
Ils tombent encore aujourd’hui
En vol feutré,
Petits bijoux diamantins,
 Insaisissables, les flocons !
Lorsque le vent s’emmêlent  à leur dansent follette,
C’est Emerveille qui ouvre ses portes aux âmes des rêveurs.
Si le destin fît que j’en suis,
 C’est sans doute que je n’ai pas grandi,
Que j’ai su sauver l’essence de mon esprit
De la cadence décadente du tumulte de la vie.
 A cœur ouvert, je prend ce cadeau
 Comme l’un des plus beau
Et tant pis si ces diamants ne sont pas éternels
 Car quand ils viennent se poser sur moi,
 Ils me parent de mille éclats l’instant d’un souffle Merveilleux.

 

V.P. Texte sous Copyrigth 68768005_p

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dimanche 2 octobre 2011

Je lèverai mon Verbe !

 

cupidopsyche

"Le baiser de l'amour" d'Antonio Canova

Je lèverai mon verbe au souvenir de nous !
J’irai marcher sur la tombe de nos illusions passées sous le regard bienveillant de nos soupirs, pendus à la clepsydre du temps. J’inventerai des nuages roses où nous irons flotter emportés par nos souffles coupés, par notre déraison affolée. Et tu seras là, comme avant dans ce grand vent d’automne qui tourbillonnait jusqu’à nous geler les os afin que l’on puisse mieux s’en réchauffer. Et je reverrai tes yeux où j’aimais me perdre pour retrouver cette ivresse au goût salé de nos humeurs mêlées.  Dieu, que je t’aimais, que je t’aime encore par delà le temps des saisons qui s’égrainent et qui nous entrainent  jusqu’à la fin éternelle. Sauras-tu déposer des petits cailloux dorés sur le chemin de ton cœur, afin que je puisse retrouver la trace de ce qui fut notre heure un temps. Un temps si court il me semble, un temps où l’amour aurait pu rimer avec ce toujours qui donne l’envie d’aller plus loin encore. Inaccessible âme que je tenais au creux de la mienne, aurais-je ouvert ta cage sur un monde que je ne voulais pas percevoir ?  Où te cache-tu à présent toi qui n’est plus, toi qui pourtant j’attendrai jusqu’à la nuit des temps ?
Je lèverai mon verbe à la gloire de l’amour dissous ! 
J’irai voler sous ton soleil même si mes ailes s’enflamment encore à la chaleur de ton corps. Qu’importe l’endroit et l’heure puisque je ne sais plus compter, puisque je ne sais plus que rêver ! Je prierai les Dieux de naguère pour qu’ils entendent le vide de toi, je leur dirai ma misère d’être si loin de ce temps là. Qu’on m’arrache le cœur sur l’hôtel de nos insolences, que le sang de mes veines se transforme en torrent. Et là dans la forêt rouge et or que nous créâmes ensemble je renaitrai à la lumière des nouveaux jours. J’allumerai des feux de Saint Jean pour valser contre ton corps défendant, alangui sur un tapis de mousse. Que deviendront nos hivers lorsque la nuit tombera sur le pays d’Emerveille ? Sauras-tu croire encore aux présages écrits dans la danse des feuilles mortes de novembre ?
Je lèverai mon verbe aux trésors enfouis !
J’irai par les sentiers tortueux chercher le chemin jusqu’à toi et te ramènerai dans cette Maison que nous avions rêvée comme écrin du plus pur de Nous. Et même si ton cœur est bandé d’incertitude, je murmurerai ton nom pour que tu te souviennes enfin de la douceur de nos mains quand elles s’arrimaient à l’amour qu’on s’était promis. Je ne connais pas nos demain, ni le temps qui nous sépare , ni même s’il adviendra, je ne suis presque rien dans ce tourbillon qui nous entraîne, qui nous déchaîne inlassablement. Tout ce que je sais, c’est mon cœur qui me le souffle lorsqu’à ton souvenir il s’orage de ne plus te vivre. Et je sais qu’à la fin je lèverai mon verbe à l’éternité d’Aimer !

 

V.P.

 

Texte sous Copyrigth sceau1ak

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mercredi 21 septembre 2011

J'oublierais

meurtriere

J’effacerais tes mots, tes murmures au clair de lune, ces petites bulles de bonheur que tu déposais sur mon cœur comme autant de particules d’oxygène.
J’oublierais la douceur de tes lèvres, quand elles traçaient sur ma peau des chemins printaniers, auréolés de milliers de fleurs sauvages, dont le vent emportait les pétales colorés pour cacher tout mes nuages.
J’abolirais les battements de mon âme, qui s’affolait au moindre de tes petits souffles venus s’endormir à mon cou.
Je me passerais de tes bras, qui savaient si bien me donner la chaleur et l’illusion d’avoir retrouver un foyer où venir me réchauffer, quand dehors l’orage grondait aux étoiles enfuies.
J’enverrais valser au grand vent, les petits papiers griffonnés de je t’aime, dont les courbes de ton écriture déliée m’emmenaient dans des jardins Persans aux senteurs envoutantes de roses et de jasmins.
Je n’écrirais plus à l’encre de mon sang, les frissons de mon en vie de toi, de ce nous en lequel j’avais mis tant d’espoir et qui s’étiole dans ton indifférence.
Je n’arrimerais plus mes mots à ton corps défendu, je les laisserais filer au gré de mes vagues à l’âme pour qu’ils se noient dans le torrent de mes larmes.
J’arracherais la graine de violence qui m’endiablait de nos corps encore, cette danse macabre qui nous donnait sans retenue cette petite mort dont on s’éveille le souffle coupé.
Je grifferais les promesses d’une vie d’ivresse, d’un paradis qu’on espère sans en atteindre le contrefort, puisque la nuit vient nous chercher avant l’heure.
J’irais me cacher dans le filigrane de nos rêves envolés, tenant encore dans mon poing serré ce lambeau d’espoir que je trouve encore parfois dans l’ambre de ton regard.

Si seulement tu pouvais lire les entrelacs de mes soupirs, lorsqu’en m’endormant je pense si fort à toi. Saurais-tu comprendre que mon cœur est un chagrin enfermé dans un pot, une mélodie d’antan qui revient sans cesse murmurer qu’il regrette le temps des cerises, un vol d’albatros qui cherche un endroit où poser sa détresse. Lui donneras-tu l’espace d’un instant le plaisir de battre sur nos accords préférés, d’arrimer ton tempo au métronome de mes pulsations ?
Si seulement tu pouvais ouvrir les yeux et voir que la vie s’écoule sans que tu saches comprendre que tu tiens au creux de tes mains, un calice rempli d’amour, don d’une fée qui t’a offert ses ailes sans retenues.
Si seulement tu pouvais simplement près de toi me garder et me redonner l’envie d’aimer….


 
 V.P.

Texte sous copyrigth : sceau1ak

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jeudi 1 septembre 2011

Blog sous Copyrigth

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sceau1ak

 

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samedi 27 août 2011

La Sibylle du Temple, ne leur avait rien dit....

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Temple de la Sibylle - Jardin des Buttes Chaumont - Paris

Sous le Temple de la Sibylle des Buttes Chaumont, raisonne encore la douceur d’une chanson d’amour. Lorsque le vent du Nord étreint celui du Sud, il tourbillonne entre les colonnes en emportant au loin des souvenirs d’un passé inexorablement abandonné à la caresse du temps.
Il fut un Automne bien plus chaud que mille autres, où la lumière de deux cœurs ont abolis l’hivers. Un seul souffle a traversé la saison, pour s’en allé mourir aux instants mornes et froids lorsque la bise de janvier leur a transpercé l’âme.
Ils étaient pourtant liés de serments, comme deux adolescents qui n’ont plus vingt ans. Il avait su lui redonner le goût de la vie, le piquant du sel en promesse de lendemains auréolés de soleil. Elle avait ouvert son cœur, comme si c’était la première fois sans se soucier qu’il ne puisse s’arrêter un jour de battre dans l’unisson de leurs corps enlacés…
Le cœur, est un fardeau si lourd lorsqu’il s’engorge d’un amour inaccessible. Faut-il briser les chaînes qui nous rendent esclave de nous même ? A ce moment là, qu’importait la souffrance de l’absence, puisqu’ils étaient seuls au monde. Ni le froid, ni le vent ne pouvaient les tourmenter plus que cette passion qui se déchaînait entre leur doigts.
La Sibylle se souvient, des larmes qu’ils ont versés, de leurs mains qu’ils ne savaient dénouer, leurs yeux embués de chagrin et d’amour mêlés, rivés l’un à l’autre accrochés au tendre espoir de garder cet instant en éternité. Elle se souvient de leurs corps frissonnants sous le désir de n’être qu’un, une entité à part entière, un être de lumière et de tendresse. Dieu, que ces jours écoulés furent de loin les plus précieux qu’ils eurent vécus alors….
Ils ne savaient pas, ne l’imaginaient pas, que la vie est parfois cruelle, qu’elle dérobe les trésors les plus purs, les sentiments les plus enivrants. S’ils avaient su, qu’auraient-ils tentés ?
La Sibylle, n’avait point parlé, le Temple était resté muet, comme si, ce jour là, il avait décidé de leur accorder l’espoir en l’avenir.
Qu’on t-ils fait de leur devenir, perdus dans le tourbillon de leur vie ? Que reste t-il de leurs mots, de leurs frissons ? Qu’elle était douce pourtant leur chanson, quand elle s’élevait jusqu’au cieux !
La Sibylle, n’a jamais su pourquoi l’histoire se termina sur des notes de douleur, alors que leurs cœurs ne demandaient qu’à respirer d’un même souffle….
Ce souffle, qui pourtant les anime encore et les transperce lorsque leur âmes se rappellent au souvenirs de l’ivresse.
La vie, s’écoule pourtant si tranquille, puisqu’ils vivent, même par delà cette parenthèse au goût sucré-salé. De leurs peau à peau, ne restent que des lambeaux tatoués par l’absence….
Reverront-ils, le Temple de la Sibylle des Buttes Chaumont ?…. Nul ne le sait, mais  peut être pourront-ils un jour mourir sans le regret de n’avoir point vécu….

 

V.P.

sceau1ak

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samedi 18 juin 2011

Quand Minuit Sonnera

Quand Minuit Sonnera

 

Ce matin là, tout aurait pu être ordinaire, mais le soleil avait décidé de ne pas se lever. La Terre était plongée dans l'obscurité et chacun se demandait ce qui avait bien pu se passer.
Le ciel portait d'étranges marbrures allant du mauve, au vert émeraude, tout en mouvances et vibrations.
L'air était chargé d'électricité, comme si tout allait exploser.

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Lorsqu'elle ouvrit les yeux, ce matin là, Marie sentit que quelque chose s'était passé. Sa gorge se noua, elle était incapable de se lever, elle trouvait la tiédeur de son lit rassurante et l'idée même de poser un pied sur le carrelage froid, lui donnait la nausée. Quelle heure pouvait-il bien être? Le réveil, s'était arrêté sur minuit et elle n'avait plus aucune notion du temps.
Son chat miaula, d'une étrange façon, d'un son rauque et angoissant, comme si un danger était tapis dans l'ombre, quelque part dans la maison.
Marie pensa qu'il devait y avoir de l'orage dans l'air, elle sentait une odeur de souffre qui planait autour d'elle. Il fallait qu'elle se lève, ne serait-ce que pour rassurer son chat qui miaulait de plus belle.
"Elliot, Elliot, viens ici, vilaine bête à poil! …Tu me donnes des frissons à pleurer ainsi… allez viens par ici, mon minet!"


Le chat ne broncha pas, il s'était réfugié tout en haut de l'armoire, dans la chambre d'amis. Du haut de son perchoir, son instinct lui intimait de ne pas bouger.
Elliot, était un chat noir au long pelage soyeux, avec de grands yeux verts en amande. D'un naturel plutôt calme, il menait sa vie de chat entre l'appartement douillé de Marie et les toits aux tuiles rondes, qui étaient son terrain de chasse favori. Aujourd'hui, Elliot ressentait toute l'angoisse qui avait étreint le monde au cours de cette étrange nuit.
Peu avant minuit, alors qu'il promenait sa nonchalance féline, sur le toit de la maison d'à côté, il avait flairé dans l'espace que quelque chose était en train de changer. Même cet idiot de Gaspar, le chat roux de la boulangère, avait déguerpi sans demander son reste, alors que d'ordinaire il était prêt à toutes les bêtises sans avoir aucune notion du danger.
Elliot, avait vu le ciel changer peu à peu.
La lune, qui était pleine et brillante dans la nuit d'été, s'était effacée petit à petit, comme si son cycle s'était accéléré. Lorsque qu'elle fut dans son dernier quartier, et qu'il ne resta plus qu'un fin croissant pas plus gros qu'un fil, le temps sembla s'être arrêté, et d'un coup d'un seul, il ne resta plus rien au ciel de ce qui fut cet astre merveilleux…. C'est alors qu'Elliot se mit à miauler, en écho aux plaintes de tous les chats du quartier…. Etrange concert de pleurs, que ces matous, d'habitude si discrets, donnèrent à entendre aux humains endormis.

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Marie, rêvait…
Elle était seule en pleine forêt, elle aimait souvent se balader ainsi, écoutant au loin la plainte du vent. Ses pas l'avaient menée au plus profond des bois, là où personne ne s'aventure jamais, quand soudain, elle entendit quelque chose qui se cachait non loin. Une présence sournoise, la guettait, elle ressentit un regard de convoitise se poser sur elle. Sa nuque se mit en alerte, y faisant naître des frissons. Prise d'angoisse, elle se sentait perdue, dans cet endroit qu'elle trouva vite hostile. Les arbres immenses, aux troncs noueux, qui l'entouraient et les ombres changeantes du sous-bois, rajoutaient de l'horreur à cette situation oppressante. Plus aucun oiseau ne chantait, l'air était si lourd qu'il en était presque palpable. Marie se mit à courir, s'écorchant les bras aux branches griffues des basses frondaisons. Le vent redoubla en violence, sifflant sa chanson effrayante, comme un hurlement, inlassablement. Des pas se firent entendre à sa suite, elle accéléra plus vite…..Encore plus vite.
Alors qu'elle croyait enfin atteindre l'orée, elle perdit l'équilibre et tomba sans fin dans un puits sombre. Marie, était à bout de souffle, son cri de terreur mourut au fond de sa gorge quand elle s'éveilla enfin en sursaut…….

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Sur le toit, Elliot, pris conscience que le ciel prenait des teintes peu ordinaires. Le noir étoilé, fît peu à peu place à ces volutes fantomatiques en dégradé de mauve et de vert. D'aussi loin qu'il remonta dans ses souvenirs de chat, il n'avait jamais vu un tel phénomène. Non seulement la couleur était pour le moins étrange, mais en plus, tout cela était en mouvement, comme entraîné dans un maelström immense. De temps à autre, un éclair palot irradiait vers la terre auréolant la ville en dessous, d'une lueur d'outre tombe.
Elliot, n'aimait pas du tout cela, même si sa condition de chat noir faisait de lui un être mystérieux, qu'on qualifie parfois de maléfique, il commença sérieusement à avoir ce qu'on appelle la trouille!! Les autres chats avaient depuis longtemps quitté les toits, quand minuit sonna au clocher de l'église. Même le son des cloches semblait avoir changé, il était étouffé, comme si un voile d'ouate les enrobait, c'était un bruit sourd, qui aurait glacé les plus courageux d'entre nous.
Au douzième coup de minuit, une odeur épouvantable de souffre se répandit sur la terre, annulant tout autre parfum. Elliot perdit alors son sang froid, et la queue entre les jambes, il détala jusque chez lui….


Marie se décida enfin à sortir de son lit, elle frissonna et dût enfiler illico, sa chemise de nuit qui traînait par terre au pied du lit. La fenêtre, qui était restée ouverte pendant la nuit, battait au rythme des rafales de vent. Marie s'approcha pour la fermer, et ce qu'elle vit au dehors la laissa sans voix… Il devait être 8h30 et tout semblait vide, comme si l'humanité tout entière avait quitté la planète. Un sentiment de crainte se mit à battre dans sa poitrine, donnant à son cœur un tempo irrégulier. Le plus surprenant encore, c'était cette couleur inhabituelle qui enrobait tout, même les oiseaux qui nichaient dans le platane à côté, se taisaient. Marie avait la chair de poule, elle referma fébrilement la fenêtre et appela son chat.
"Elliot, où es-tu? …Viens mon chat, viens!"
Elle avait cru l'entendre au bout du couloir, elle se dirigea donc vers la chambre d'amis à tâtons dans le noir, car l'électricité ne fonctionnait plus, les fusibles devaient avoir certainement lâché!!


Dans la chambre, Elliot attendait, les oreilles aux aguets, il entendait les appels de sa maîtresse, mais il était paralysé par le sentiment d'insécurité qui ne l'avait pas quitté depuis plusieurs heures à présent. Elliot avait les nerfs à vif, son poil se dressait et des tremblements irrépressibles le clouaient sur place. Un ultime miaulement, que la terreur rendait rauque, sortit avec peine de sa gorge, quand il perçut que quelqu'un tournait la poignée de la porte. Il tourna son regard émeraude vers la fenêtre restée ouverte, mais il n'eut pas le courage de fuir. La pièce avait pris les couleurs immondes du dehors, des volutes de souffre planaient dans l'atmosphère, à la limite du respirable… Elliot avait peur.. Une peur terrible qu'il n'arrivait pas à réprimer….. Lorsque la porte s'ouvrit enfin, il émit un long râle d'angoisse à vous glacer le sang…

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Marie, le cœur battant, venait de poser la main sur la poignée de porte de la chambre, lorsqu'elle entendit Elliot pousser un miaulement sinistre. Elle n'était pas rassurée d'entendre que son chat avait l'air aussi désespéré qu'elle, car depuis toujours, elle était persuadée que le sixième sens des chats, leur permettait de décoder les mises en garde que la nature leur envoyait. Si Elliot, avait peur, c'était sans nul doute que quelque chose d'anormal était en train de se passer, il fallait à tout prix qu'elle le rassure, elle ne supportait pas l'idée de le savoir aussi désemparé de la sorte. Pour ne pas l'effrayer plus encore, elle ouvrit le plus doucement possible la porte et entra dans la pièce, qui était éclairée par les lueurs fantasmagoriques du ciel…. Elle suffoqua, tant l'odeur de souffre était atrocement dense, et eut à peine le temps d'entendre le râle qu'Elliot avait émis, avant qu'il ne se jette sur elle.


Elliot ne fit qu'un seul bond. Son corps était tendu comme un arc prêt à se rompre, les poils hérissés ,les griffes sorties, il atterrit sur le dos de sa maîtresse en crachant sa rage de chat apeuré. A coup de griffes, il lacéra les bras et les épaules de Marie, déchirant au passage la chemise de nuit. Il n'était plus que furie, un démon sorti tout droit des enfers, une bête traquée qui se défend avec rage. Dans sa folie meurtrière, il oubliait  qui se tenait sous la morsure de ses griffes, sans relâche il agitait ses pattes en tout sens, épuisant sa hargne et sa folie…..

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Marie eut juste le temps de protéger son visage, avant de se plaquer au sol. Elle sentit les griffes s'enfoncer profondément dans sa chair, abîmant, lacérant sa peau mise à nu… Elliot était devenu fou, l'air chargé de souffre l'empêchait de respirer, elle suffoquait, incapable de résister à l'assaut de la bête en furie…Elle poussa un dernier cri, avant de perdre enfin connaissance……


Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Marie n'était plus que douleur, ses bras et ses épaules portaient les marques de griffures sanguinolentes…. Chose étrange, elle ne reconnaissait pas l'endroit, comme étant la chambre d'amis… Il faisait sombre… Elle avait froid… Pas un son ne venait perturber le silence, si ce n'est la plainte du vent…. Où était-elle? …Où était Elliot? …. Elle tendit la main devant elle, et toucha quelque chose qui ressemblait à de la roche. La pierre était dure, froide et humide et son contact lui fit froid dans le dos. Elle était étendue, dans une sorte de puits étroit, le regard levé vers un ciel aux couleurs étranges. Le sang, qui avait voilé ses yeux d'une aura écarlate, se mêlant à l'azur, lui donnait des reflets mauves et changeants. Elle abaissa ses paupières, afin de reprendre ses esprits et d'essayer de se rappeler ce qui avait bien pu se passer. Elle avait souvenir d'un matin, des appels angoissant d'un chat, de la noirceur d'un couloir, d'une porte close, d'une odeur de souffre et de la douleur sur sa peau. Elle chercha à comprendre de longues minutes, tomba encore en sommeil et en sursaut se réveilla enfin…………

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Elle se souvenait….. De cette balade solitaire en forêt, de ces bruits derrière elle, de la fuite, de la griffure des branches à travers les fourrés et de sa chute interminable et puis…..plus rien….
Le vide… La nuit … Le rêve… Tout ceci n'était qu'un songe, le ciel avait gardé sa couleur naturelle, le chat n'existait pas, le souffre s'était évaporé….
Doucement, elle sentit qu'elle respirait à nouveau plus légèrement, la douleur cuisante de sa peau n'était rien à côté de ce qu'elle éprouvait dans son corps. Elle était cassée, pouvait à peine bouger, comment allait-elle sortir de là? ….
Le jour passa, long et monotone. Elle lançait parfois des appels dans le vent, espérant que quelqu'un l'entende et que l'on vienne la sauver… Mais le silence n'était troublé que par le bruissement des feuilles et le chant des oiseaux.
La nuit arriva, levant sa lune bien haut. Le vent cessa… Les oiseaux se turent… Ce fut le silence et le début d'une nouvelle angoisse………………………………………..


guen………………………………………
Tapie dans l'ombre, la bête attendait…
Patiente et Cruelle, aux aguets………
Son souffle rauque crachait…………
Sa haine et sa voracité………………
Minuit a sonné dans la vallée………
Au douzième coup, il s'est levé……..
Lentement, à pas feutrés,…………….
Il s'est laissé glisser…………………
Près d'elle, pour la dévorer………….
……………………………………… FIN




 
 
Attention: Ce texte protégé par les droits d'auteur. sceau1ak

Histoires au Coin du Feu: D'Ombre & de Lumière

Auteur : Valérie Pes

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