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Ecorchée en dedans
C’est à coup de rimes
Que la poésie s’escrime
A fustiger nos larmes.
Arrimée aux possibles
Elle atteint l’inaccessible
Des rivages sans visages
Des horizons sans prisons.
Et moi, dans tout cela,
Que puis-je faire
Si demain l’on bâillonne
Mes mots, en maux d’amour ?
Il est des questions sans réponses
Des jours si longs, si loin
Que l’on s’y enfonce
Jusqu’à perdre la raison !
L’apostrophe s’essouffle
Mortel bouche à bouche
Qu’on accouche de vers,
A boire jusqu’à l’amer.
Et puis, l’espoir nous repend
Cruel démenti, qu’on crois à la vie
Eternellement, menteur du temps !
Le temps qui repasse
Ressasse et trépasse.
Si la vie n’est qu’ainsi
Ainsi soit-elle
Vilaine est rebelle !
Je ne crains plus l’orage
Outrageux des ogres,
J’en rage, je peste,
Et pourtant je reste,
Telle que je fus, suis et serais.
Susurrent les pieds des vers brisés,
Le cristal ne résiste pas longtemps
A la morsure du temps !
La faille, s’ouvre sur l’œuvre
Le couperet pourfend la langue
Lorsque les mots saignent
Au fil de nos poèmes.
Des rimes qui ne riment à rien
Des maux qui en avalent d’autres
Et voilà, que la faim nous laisse
Nous blesse et nous délaisse !
La fin, n’est rien,
Qu’un long sommeil
Sans rêves ni trêves
Vivre pour qu’on en crève !
Les mots reviennent toujours
A force de cris et d’amour
Les cris s’estompent
Quand l’écrit reste !
J’aime ces vers
Qui m’enivrent
Qui me forcent à vivre.
J’aime ces mots
Qui bouillonnent
Parfois un peu trop.
Et puis vient le jour,
Diaphane à l’orée,
Où la source tarie
L’alalie de l’esprit
S’éveille à nouveau
A la magie des mots.
 

V.P.

Texte protége : sceau1ak