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" Laissez moi vous Conter une histoire improbable ... ou peut être pas!"

 

L'Affabuleuse Histoire d'un Farfada

 

 

 

A oublier l’essence de la vie, l’homme dans sa grande décadence, en perdit à la fin l’Emerveille. On lui fit pourtant mainte recommandations «  Croire aux Fées pour qu’elles ne meurent point » « Ne jamais user ni du fer ni du sel à leur encontre » mais rien n’y fit, l’homme continua sa route s’en se soucier du Petit Peuple qui se mourait peu à peu.
Les siècles s’écoulèrent, des millier de saisons passèrent….

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Pendant ce temps, les landes, les sous bois, les dunes, les rivières et même les océans ont continués à abriter toute une diversité de créatures, que le commun des mortels ne soupçonnait pas. Les légendes avaient pourtant traversées l’Histoire, certains osaient encore y croire. Hérétiques, fanatiques, excentriques, on les traita de tous les noms !

Dans un pays reculé, loin de toutes civilisations, vivait une femme. Son âge ne se comptait désormais plus. On la disait immortelle, car chacun qui la connaissait, gardait en lui un souvenir d’enfance où elle apparaissait comme une Ombre intemporelle. Elle était la Dame de toutes essences invisibles et spirituelles. Sa vie s’écoulait pourtant inexorablement, un peu plus lentement que la notre il est vrai, mais elle subissait l’outrage du temps comme tout un chacun. Sa peau avait fini par ressembler à un parchemin sur lequel on pouvait à présent lire l’Histoire d’Emerveille. Son regard voilé, renfermait les secret des Fées, qu’elle gardait au fond d’elle comme l’unique gardienne d’un Monde oublié. Ses doigts noueux auraient pu Conter toutes les légendes, si elle avait su parler le langage des signes. Elle avait pourtant le sien, celui que la nature lui avait lentement révéler.

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Dans la maison, plutôt une simple cabane, que cachaient la densité verte de la forêt, l’attendait un compagnon. Trois pommes de haut, un chapeau toujours de guingois, des braies aux couleurs de l’automne par dessus lesquelles venait s’emmêler une tunique de lin rapiécée, d’un coloris douteux ! Nicéphore, Porteur de Victoire était ce que l’on nomme Farfadet ! Espiègle en son jeune âge, il avait désormais acquis grande sagesse et distillait son savoir à qui voulait bien croire….

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Pourtant son cœur était triste et seule la femme savait le consoler. Sa peine, il la portait en fardeau depuis que l’Emerveille s’en était aller loin du monde humain, alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Lors de l’exode, On l’avait oublié, lui le plus petit des Farfadets !! Il était à manigancer à quelques farfadaiseries à commettre dans la ferme du « Vieux Cornouiller », quand la trompette du jugement se mit à retentir à travers la campagne. Ainsi était venu le temps où Farfadets, Fées et autres Ombres devaient rejoindre les havres de paix qui seraient désormais leur demeures à tout jamais….
Nicéphore, couru tant qu’il pu. Il s’arracha les pieds sur les graviers du chemin des fourmis, faillit se noyer dans le ru que la pluie avait creusé  dans le pré et pour finir tomba dans un trou de taupe ! Pauvre Nicéphore… Il manqua le rendez-vous et resta parmi les humains , bien malgré lui, abandonné de son peuple. Il en perdit le goût de l’espièglerie, il s’inventa professeur de philosophie, penseur de Féérie, acteur du Merveilleux et enfin croisa le chemin de la Dame.
Ensemble, il ressuscitèrent peu à peu les légendes qui n’en sont pas. Ils contèrent par monts et par vaux, rassemblant de plus en plus de « croyants ». Les temps furent très durs pour ceux qui retrouvèrent ainsi le chemin de Féerie. Ils durent affronter les brimades de leurs semblables, on les étiqueta de « doux dingues » de « rêveurs », on dit d’eux que leur croyance ne servait à rien, que tout cela n’était que fadaises inutiles. Mais ils persistèrent, et ensembles ils inondèrent le monde humain d’une Emerveille retrouvée. Les Contes et Légendes se levèrent du passé, on vit renaitre des Elfologues, des Mystèrologues et autres Farfalogues.

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Loin, très loin du Monde des Humains, le Petit Peuple entendit le doux carillons des souvenirs qui revenaient à l’Eveil. Peu à peu, les premières Ombres sortirent de leurs cachettes pour reconquérir leur ancien monde. Les Fées, furent les premières à émerger des sous bois. Les nuits de printemps, certains prétendent les apercevoir lorsque la lune est  haute et brillante. Elles dansent, dans des clairières fleuries en compagnie des Dryades et des Licornes. Les Elfes, plus craintifs, car ils ont s’en doute plus de raison de l’être face aux humains, se mêlent parfois à la population des villages, allant même jusqu’à se fondre au genre humain. Les Derniers à avoir pointés le bout de leur nez sont les Farfadets, qui jadis furent aussi les derniers à s’enfuir. Ils retrouvèrent le chemin des hommes lors d’une nuit mémorable.

C’était il a peu, un jour où le soleil brillait plus longtemps que tout les autres jours. Une fête avait été organisées, un grand rassemblement d’humains qui avaient retrouvés la lumière de Féerie. Ils étaient tous là, écrivains, illustrateurs, troubadours et passionnés du Merveilleux, passant du bon temps dans un lieu magique qu’ils avaient aménagés pour l’occasion. La Dame aussi était venu, cachant dans sa poche un Nicephore tout excité de quitter la cabane pour la première fois. Il observé la foule, au travers d’une boutonnière et son petit cœur battait à tout rompre tant il était heureux de voir combien d’Humains avaient retrouver la foi en ce Petit Peuple dont il faisait parti. La fête battait son plein lorsqu’on les vit arriver…

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Tels une armée de mini guerriers portant bannières et flambeaux, les Farfadets déboulèrent dans la salle qui jouant du pipeau, qui faisant des claquettes, d’autres encore chantant à tue tête. Leur entrée fut triomphale. Certains des Humains avaient la larme à l’œil, tant l’espoir de les revoir un jour était quasiment inespéré. On vit s’avancer, un petit bonhomme vieux comme le monde et portant couronne de cornouiller. Il vint s’incliner devant la Dame et lui présenta ses hommages. C’est alors, que du fond de sa planquette Nicephore reconnu le visage buriné par le temps qui souriait sous la couronne : Myrdhin, son père, se tenait à quelques pas de lui.

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Le vieil homme, bien que haut comme trois pommes, fit soudain retentir une voix stentor :
-     Alors, Nicephore ! Tu crois peut être que je ne t’ai point senti là tout près caché. Viens ici garnement embrasser ton père !
On vit pointer le bout d’un chapeau, et sortant de la poche de la Dame, Nicephore apparut tout penaud dans ses vêtements froissés!
-    Père, très cher Myrdhin des Contes et Légendes, vois combien ton fils est heureux de te retrouver, vois comme le temps a changé le petit garçon que j’étais !
-    Sais-tu fripon combien de jours nous t’avons cherché ? lorsque nous avons fuit, cette terrible journée d’y il a longtemps, ce jour où retentirent les trompettes du jugement, le cœur de ta mère s’est brisé, quand elle s’est rendu compte que tu manquait à l’appel ! Les portes du Sidh s’étaient refermées, et nous savions qu’il nous faudrait attendre désespérément ta venue…
-    Ah père très cher, si vous m’aviez vu courir de-ci de-là, par-ci par-là, cherchant en vain à trouver le chemin de notre havre, j’ai bien cru que j’allais à trépas si la Dame que voici, ne m’avait à la fin recueilli ! J’en ai perdu le goût de la Farfadaiserie, savez-vous ?
-    Certes mon p’tit bonhomme, mais en retour il me semble que tu sois devenu le plus Sage d’entre nous tous ! Si j’en crois ce que je vois là, c’est un peu grâce à toi que les humains ont retrouvé la route pavée d’or d’Emerveille ! Cela vaut bien une couronne !
Myrdhin le Grand, Roi des Farfadets de la Tribu des Farfadas lui donna sa couronne de cornouiller. A cet instant précis, pas une seconde plus pas une seconde moins, Nicephore devint Nicephore 1er. La boucle était bouclée, l’assemblée venait d’assister au retour de Féerie.

"Si vous croyez encore aux Contes de Fées, bienheureux êtes-vous, car sans la magie des instants qui nous gardent dans l’éblouissement de l’enfance, la vie aurait ce goût d’amertume que certains cultivent bien malgré eux…"

"Rêvez Petits d’Hommes, tant que vous pouvez, c’est ce qui fait de nous un Monde d’Emerveille."

 

 

Fin

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