soin palliatifs

Photo prise sur le net Auteur inconnu.
J'ai choisi celle-ci car elle illustre bien l'atmosphère                                                                                                                                                 qui régne auprès de papa : La vie qui s'en va près des siens...

 

 

C'est un été pareil à tant d'autre. Lourd et chaud sur la peau, mais étrangement froid dans ces instants où l'âme se détache peu à peu d'une chair meurtrie, qu'elle délaisse sans la moindre once de remord.
Étendu dans ce petit d'hôpital qui orne à présent le salon, je te regarde disparaître comme un petit glaçon qui fond. Ton poids plume qui ne fait plus écho à la force de ta jeunesse, me renvoi à l'idée que nous sommes trois fois rien en somme.
Tu étais le guerrier géant de mes contes d'enfant, l'invincible rempart contre les aléas et me me voici à souffler sur la flamme de ton souffle devenu court, pour qu'un instant encore, ta main reste au creux de la mienne... Et pourtant je ne te retiens pas.
Cette main d'os et de peau fine, qui se fait plus légère à chaque levé de soleil, cette main qui dit plus que tout ces silences qui sont devenus nos discours, je la tiens lorsque ta plainte mord tes lèvres fatiguées. Je suis à tes côtés, comme tu l'étais autrefois quand dans chagrins d'enfant, j'avais besoin d'être rassurée.
 Dans tes yeux aveugles, perle parfois une larme, car au delà de ce temps mauvais, nous gardons encore le goût de rire. Petite goutte d'eau salée aux saveurs des rires encore si présents, elle est la vie à elle toute seule, le bonheur d'un infini partage que l'oubli ne viendra jamais ternir.
Au delà de l'impuissance face à cette maladie qui n'en fini pas de gagner, il y a la vie qui persiste, les instants à partager. J'ai appris à lire dans tes sourires tous les messages que tes lèvres ont du mal dire.
Oui, je prendrai soin de moi.
Oui, je ne baisserai pas les bras.
Oui, je ne perdrai pas la lumière.
J'ai accepté, cet état de fait : ton voyage s'achèvera bientôt, mais nulle désespoir ne vient ébranler ma force, car debout j'affronte pour deux les tempêtes qui assaillent ton corps chaque jour un peu plus fort.
J'aurais pu fuir cette vision de la mort qui s'approche, mais je n'aurais pas supporter mon reflet dans le miroir, si je n'avais pas écouter mon cœur. Être là, me semble tellement naturel et étrangement cela me rend forte. Cette mort, que ce monde rend tabou, ne me fait plus peur. Elle est dans l'ordre des choses, elle fait partie de nous. Dès lors où nous poussons notre premier cri à la vie, c'est vers elle que nos pas nous entraine.
Bientôt, peut être demain qui sait, elle t’accueillera dans la paix et je serais là, à tes côtés. En attendant, la vie reste à vivre du mieux que tu puisses, alors profitons encore de chaque instant.

Je remercie :

  • L'équipe du SSIAD de La Ciotat : Ses aides soignant(e)s et ses infirmières qui chaque jour viennent pour les soins à domicile ( trop nombreux pour les citer tous )
  • L'équipe de Respect 13 qui apporte son expérience des soins palliatifs à domicile ainsi qu'une écoute et des conseils 24h/24h
  • Corinne, qui se débrouille pour venir à ses côtés dès que papa en ressent l'envie.
  • Les intevenants d'Horizon Bleu qui viennent prendre le relai pour me permettre de souffler un peu : Annie, Patrice et Sylviane
  • Mes filles, Victoria et Mary qui malgré leur chagrin et toute la gravité de l'instant, savent être très présentes auprès de leur papy
  • Mes oncles qui prennent le temps de lui apporter un peu de chaleur humaine, malgré leur propres préoccupations
  • Enfin, je voudrais remercier la Vie, qui lui a accordé quelques mois en plus sur le délai annoncé.