jeudi 1 novembre 2007
Légende d'Automne
Second texte écrit avec P. pour une symphonie autonale à 4 mains
♀ Voilà l’automne qui pointe le bout du nez, et moi toutes ces couleurs flamboyantes me donnent l’envie d’aimer.
Du rouge comme des lèvres échauffées par des baisers enfiévrés et de l’or comme ces étoiles qui s’éveillent dans le regard de l’autre.
Alors, si la fièvre s’empare de nos sens, promets-moi des jours et des nuits en partance pour le plus beau des voyages, celui que l’on fait à deux quand le cœur s’invite à la danse !
♂ Teintes des plus chatoyantes, accouplées aux ombres friponnes et lueurs malicieuses…tant de chaleurs se mêlant avec une infinie sensualité à ton parfum exquis.
Quelques pas, égarés, nous emmènent au-delà des principes religieux, préceptes d’une autre époque, à nos cœurs dévolus !
La chaleur de ta main, embrase mes pensées, ces premiers désirs reflétés, au centre de tes iris, tes yeux de biche bleutés…ce regard séduisant qui m’envoûte à chaque instant, tu m’indiques sans détour qu’entre nous, c’est Amour !
Ta tendresse féminine transforme ma sensualité misogyne en effleurements sibyllins, m’inspirant une comptine au dénouement coquin !
Quelques feuilles, orangées, tapissant naturellement un nid douillet…proposent sans arrière-pensées cette invitation exhalée à des préliminaires savamment distillés…
♀ Ma main s’égare contre toi, elle dessine doucement tes contours en s’attardant tendrement sur ton visage.
Du bout des doigts, j’apprends ton sourire et la douceur de tes lèvres, je trace un trait délicat sur ta joue, avant d’y déposer un baiser doux.
Tu me prends dans tes bras et la forêt se fait alors l’écrin de nos frémissements.
Le pourpre se mêle à l’or dans un rayon de soleil, mais c’est dans tes yeux qu’il brille le mieux.
Je viens alors me blottir dans tes bras, offrant à nos âmes qui s’affolent, l’envie de s’aimer.
Je respire ton parfum, je m’enivre de tous ces petits riens qui font qu’on se sent si bien, et tu m’emportes enfin dans un élan passionné, vers ce petit nid de feuilles à demi-mortes mais qui pourtant nous offrent le plus bel endroit pour se câliner.
Tu me souris et je sais que contre toi rien n’est interdit…
♂ Un vent léger, venu du Sud, propose, en une sensuelle harmonie, caresses tièdes d’un été indien, parfums subtils des sous-bois et mélodie larmoyante des feuilles orphelines et rougeoyantes !
La notion temporelle s’est enfin dissipée.
Tes paupières se referment, masquant tes yeux d’un azur irrésistiblement mélancolique, et ces perles scintillantes, aux nuances marines, s’en évadent, complices du moment d’un soupir qui m’invite, sans délai, à poser mes lèvres sur ta pommette humide et rosée.
Je vais dès lors m’abandonner…à la renonciation morale qu’enfin tu acceptes sans rechigner !
Toi et moi, sans barrière, toi et moi en osmose…
Ta bouche rejoint mes lèvres…unies en un instant, mais pour l’éternité.
L’alliance de nos essences ne saurait être rompue par un évènement insignifiant.
Je savoure puis m’extasie du bonheur infini qui s’empare comme hier, de mon âme et mon être !
♀ Le temps s’arrête… Enlacés sur le lit de l’automne nous vivons hors du monde. L’instant se suffit à lui même égrainant ses secondes intemporelles.
L’odeur de la terre se mêle à la notre, nous sommes l’univers en fusion comme au tout premier matin du monde.
Rien n’est plus doux que cet instant, où nous sentons monter en nous la vague déferlante du désir qui s’enfle et mugit jusqu’à venir exploser à fleur de nos peaux.
Embrasse moi, embrase moi, emporte moi jusqu’à toi… Je veux t’aimer comme jamais nous ne l’avons fait.
Je te regarde et tes yeux me disent toute la fureur de ce désir partagé.
Y aurait-il des Murailles de Chines entre nous deux, que nous serions capables de les anéantir par la force de nos envies !
Je te veux à n’en plus finir et me fondre à toi pour ne plus jamais nous sentir seuls.
J’aime la douceur inouïe de tes mains, sur la courbe de mes épaules, sur l’arrondi de mes seins et la courbe de mes hanches…
J’offre mes valons et mes collines aux bouts de tes doigts voyageurs.
J’offre la douceur de ma peau à la tienne pourvu que tu m’aimes au delà de tout.
♂ Deux pointes ; nos jolis petits museaux qui se frottent…provoquant un sourire enjôleur, invitant ta main droite, d’une douceur inégalée, à parcourir langoureusement ma colonne vertébrale.
Tes autres doigts s’enfoncent tendrement sous ma nuque, me faisant frissonner, sensation délicieuse.
Ta langue envahit ma bouche, la remplissant d’une salive sucrée, parfumé de ce miel raffiné dérobé avec malice, aux insectes besogneux.
La Nature, notre Mère, qui chuchote à présent, délivrant ses consignes ô combien fécondes, insolente invitation à repeupler ce Monde !
Tes désirs sont mes ordres, aux reflets si divins, aux allusions sensuelles et charnelles.
Je m’en remets à Toi et à nulle autre pareille !
Nos sens sont en émoi…insensé serait d’y échapper !
Cette passion nous embrase, avec une précaution maligne, provoquant tour à tour brûlures de l’âme, frémissements sensuels puis débauches sybarites !
Les ondulations se transmettent, sans tabou ni contrainte, au travers des pelages synthétiques voués à disparaître, de manière progressive et habile !
Effeuillages d’Automne, apportés en ces Temps, bien loin d’être monotones, déposent quatre lèvres de feu, tout en tourbillonnant !
♀ Alors qu’une pluie de feuilles flamboyantes nous habille de pourpre et d’or, tu dévoiles peu à peu mon corps qui tremble d’émoi.
Nos langues s’invitant à la danse de nos pulsions, je ferme un peu les yeux pour me laisser guider, par ton audace qui nous incite fiévreusement en de tendres mordillements.
Nous nous mangeons d’Amour, nous nous gorgeons l’un de l’autre à toutes les sensations où la quête du plaisir nous convie.
A ton torse je dépose un baiser brûlant et passionné, mes mains tracent de longs sillons de ton cou jusqu’au creux de l’aine.
Elles s’y attardent juste un peu, pour éveiller ton ardeur. Mes joues s’empourprent à l’envie d’être à toi.
Isolés du reste du monde, dans ce petit nid de nature, nous jouons notre genèse.
Pour mieux me faire voler, tu imposes la chaleur de ton corps contre ma peau, je suis si bien contre toi que plus rien n’a d’importance que la fusion de nos âmes que je sens proche.
Je te veux en moi, je me veux sur toi, je nous veux partout où le désir s’invitera…
Qu’importe si demain je crois avoir rêvé tout ça, seul l’instant hors du temps sera complice de nos déclinaisons automnales.
Accrochée à toi comme un petit chaton qui ronronne, je lape ta joue, je lape ton cou, je lape Tout de toi…
♂ Livrés l’un à l’autre tels que le Créateur nous a façonné, nous butinons en symbiose les nectars proposés, libérés sans contrainte et offerts, passionnés !
Rien ne viendra troubler désormais nos ébats, un temps effarouchés, la Vie nous appartient, l’Amour sans lendemain ?
L’orée est enflammée, incandescence magique proposée par cet astre navigant, à son plus prodigieux zénith !
L’Automne est un adolescent…fiévreux dans ses passions, tourmenté par des pulsions érotiques si juvéniles ; il s’empare de nos êtres, si fragiles et sensibles, les emmêlent profondément, sans calcul ni vice !
Tu me perds sans détour dans ta saison intime, absorbant énergie, volonté et éthique !
Tu te relâches alors, féminine si exquise ; je retrouve à présent Liberté et Envie.
Réitérant en toute aptitude mes initiations exclusives, j’explore enfin ton corps sans faillir à mes offices !
Tes spasmes, à profusion, s’enchaînent. Tu ne retiens pas tes cris, ne contiens plus tes larmes, exprimant le bonheur et l’angoisse qui te guette, enchevêtrant sournoisement orgasmes, sentiments, alliances et déchirements…enchantements et souffrances !
L’Automne touche à sa fin…et cette issue tragique, proposera la cruauté glaciale d’un vent bien maléfique, accompagnant pleurs célestes sur une terre abandonnée.
♀ Je pleure dans tes bras, mêlant ce bonheur intense d’avoir pu te vivre, à cette douleur qui ne cessera de grandir lorsque nous serons au loin.
L’instant fugace au décompte des jours qui passent et pourtant le plus précieux des instants à vivre.
Je te regarde en m’abreuvant de ton visage, sans retenir tous ces « je t’aime » qui grondent en moi.
Je n’ai plus de sagesse, quand l’amour s’emmêle, quand nos corps se fredonnent et rejouent le « Sacre du Printemps » en automne.
Demain c’est l’hiver qui plantera ses griffes dans nos cœurs… Si tu savais comme j’ai peur, de la froideur de l’absence, quand elle glace nos émotions !
Je te serres contre moi, espérant de toute mon âme ralentir le temps… Ne pas que tu partes... Ne jamais plus partir… Rester… Gémir de plaisir… Simplement s’aimer et faire de nos vies un éternel été !
V & P
lundi 22 octobre 2007
Voyageurs de l’instant…
Avant d'aborder la lecture de ce poème, il convient que je vous donne quelques informations essentielles :
Ce texte a été écrit à 4 mains avec un ami que je nommerai ici P. par égard à son anonymat. Non contents d'écrire ensemble, nous avons poussé le jeu jusqu'à inverser les rôles ! Il commence donc le poème en étant "Elle" et j'enchaîne en étant "Il" !
J'en profite également pour remercier P. d'avoir partagé ce moment d'écriture, qui fut pour nous deux une aventure "magique"...
Tu es allongé, trop loin, si gay,
Je suis près de toi, toujours en émoi,
Ton corps m’invite à un long voyage,
Vers le bonheur du cœur, le sauvage.
…. Approche toi, ne sois pas si farouche
…. Oublions l’espace qui nous sépare
…. Ce corps que tu désires tant s’égare,
…. Quand tes lèvres se posent à ma bouche.
Mes mains fines, tremblantes mais douces,
Dans tes cheveux noirs, parfumés d’un soir,
J’y reconnais mon pays, ma mère-source,
Ces sensations troublant mes beaux espoirs.
…. Enivre toi princesse de tous mes parfums
…. Laisse glisser tes doigts dans mes cheveux
…. Dessine en tendres caresses tous les chemins,
…. Qui nous porteront en pays merveilleux.
Mes doigts, ta nuque, à peine contractée,
J’imagine ces dunes, au sable chaud doré.
Tu souris, fier et tendre ; je ne peux que comprendre
Qu’à l’issue des glissades, il faudra bien me rendre !
…. Je frémis sous l’emprise animale de ton audace
…. J’aspire a tous les délices que tu veux m’offrir.
…. Oui, je sourie, parce que tu n’es que grâce
…. Et qu’en moi le désir appelle sans fin le plaisir.
Mes lèvres parcourent langoureusement ton torse,
Je me souviens sans peine du relief de ces côtes.
Descendre dangereusement, plus au Sud, je l’ose !
Ce ravissant tissu te protégeant, te l’ôte !
…. Mis à nu, le corps offert, je ferai fis de ta vertu
…. Mon Sud est brûlant comme l’astre du jour
…. J’aime quand tu t’imposes sans plus de retenue,
…. Au creux de moi, je dévoile mes plus beaux atours.
Je remonte à présent, effrontée, cap au Nord,
Y rencontrer ta gorge, puis ce baiser : si fort !
Ton regard s’illumine, tes paupières le recouvrent,
Je vis cette comptine, ce doux bonheur qui s’ouvre !
…. Féline et diablesse, tu m’ensorcelles encore
…. Mes mains se glissent à ton dos.. Te retenir !
…. Quelle enivrante passion s’empare de nos corps
…. Quand contre mon ventre je te sens venir !
Tu saisis mon bassin, ces hanches qui ondulent,
Tu es le Grand Coquin, ta langue : quelle crapule !
Je le sens qu’il m’échappe, mon si précieux nectar,
Tu le goûtes et le lapes ! Non, il n’est pas trop tard !
…. Divine et Câline, ma bouche se fait calice
…. Je puise à ta source vive, le breuvage sacré !
…. Tu gémis dans l’extase quel charmant délice,
…. Je me fais empereur de ton plaisir assoiffé !
Je soupire puis gémis ; cet orgasme raffiné m’envahit !
Tes doigts, tes lèvres, ta bouche, me donnent le tournis !
Je savoure, quel plaisir de jouir d’une ivresse,
Alors que mon regard s’attarde sur tes fesses !
…. Sous la caresse de ma langue je te sens comblée.
…. J’ai soudain envie de toi comme on désire l’en vie !
…. Tes mains, ta bouche se tendent vers ma contrée
…. Dressé, je m’offre à toi, assouvie toutes mes envies !
Sensuel à souhait, quel bel amant tu fais !
Te savoir partagé, hétéro un temps gay !
J’inspecte ton entrecuisse, tu es dur et gonflé !
En une frêle esquisse, je vais te savourer !
…. Tes lèvres ont la douceur du velours et de la soie
…. Je m’enivre de la danse envoûtante de ta langue
…. Dieu que les femmes savent être douces parfois !
…. Fermant les yeux, je m’abandonne et je tangue.
La ballade est intense, dénuée de romance ?
Profitant des caresses, fais de moi ta déesse !
Le mât ainsi dressé, m’invite à proposer
Un détour irréel, fais de moi ta femelle !
…. Point gay, pour ce point G que tu excites
…. Tu es ma Reine, mon île mon Audacieuse,
…. Qu’importe si ce soir ou demain tu t’exit
…. Nous aurons vécus mille heures gracieuses.
Ça n’a ni queue ni tête, ça va être ma fête !
Visite mes orifices, un calvaire ? Un délice !
Je veux être pénétrée, d’un amour protégé,
Puis perdre en un spasme, sans un cri, toute mon âme !
…. Crie toute ta fureur de jouir, quand en toi je viens,
…. Parant ton corps de ma peau et de mes baisers !
…. A coup de reins je t’emporte toujours plus loin,
…. Je suis amant pris de folie à trop vouloir t’aimer !
Tu varies mes orgasmes, par instants si magiques,
Ces minutes, je me pâme, sexuellement logique !
Je t’inonde, bouche et corps, tu jouis sans remords !
Ces étreintes nous consument, à raison non à tord !
…. Qu’importe la déraison, quand nous sommes unisson,
…. Puisque qu’ici tout est permis, je m’abreuve à ton plaisir
…. Je te fais mienne, t’invitant à la danse de mes pulsions
…. Quand enfin repus, nous hurlons dans les mêmes soupirs !
J’ai parcouru ton monde, t’ai révélé mon corps,
Dans tous les sens j’abonde, ton Amour est en Or !
Tes reliefs m’éblouissent, en cette couche propice,
A voile ou à vapeur ; c’est ton corps et mon cœur !
…. J’ai parcouru ton corps, t’ai révélé mon monde,
…. Sans contre sens, je ferai de toi mon seul univers,
…. Tu seras voyageuse de nos émotions, de nos rondes,
…. Exploratrice de nos délices sans rimes à l’envers !
Le voyage se termine, ô combien de regrets ?
Cette potion est fine, encore vais-je savourer ?
Tu m’obliges à quitter son séduisant navire,
Je remonterai aimée, quittant un triste sire !
…. Du Sud au Nord, j’en ai perdu la notion du temps,
…. Mais l’oubli n’est pas de mise, levons nos verbes
…. A la gloire du navire qui nous porta dans le vent
…. Jusqu’à atteindre l’ultime escale bordée d’ herbes !
V & P











